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Je n'entreprendrai pas ici de
donner une description des Arènes, et je me contenterai de renvoyer le
lecteur aux ouvrages spéciaux qui ont été publiés et dont le plus complet
est jusqu'à présent celui du savant et regretté M. Auguste Pellet ; on y
trouvera les détails les plus minutieux et les plus intéressants. Je me
bornerai donc à quelques considérations générales qui donneront une idée de
ce qu'était autrefois ce monument avant qu'il eût été dégagé et séparé.
Il résulte des diverses études
faites sur ce monument que l'empereur Adrien en fut le premier architecte
l'an 119 de l'ère chrétienne et Antonin dut le continuer ; son inauguration
peut être fixée à l'année 138. Servant successivement aux jeux publics ou
abandonné selon les invasions de toute nature qui ont ensanglanté et agité
les premières années de l'ère chrétienne, il a résisté à tous les assauts
du temps et des hommes.

Wamba,
roi des Wisigoth assiège Nîmes et s'empare des Arènes.
En 472, les Wisigoths étant
maîtres de la Narbonnaise entourèrent l'amphithéâtre d'un vaste fossé pour
en faire une forteresse dans laquelle ils construisirent quelques maisons ;
ils élevèrent du côté de la porte orientale deux tours carrées qui n'ont
été démolies qu'en 1809, l'une était plus grande que l'autre. En 1809 on
les appelait encore tours wisigothes ; la plus basse a servi de chapelle
sous l'invocation de Saint-Martin.
Cette nouvelle citadelle fut
appelée Castrum Arenarum. Les Sarrazins s'étant emparés de la contrée en
737, Charles Martel, maire du palais, vint les assiéger et essaya de
briller le monument ; la couleur noire que l'on remarque du côté dû Nord
provient, dit-on, de cette tentative.
En 1100, la garde des Arènes fut
confiée à des chevaliers qui formaient un ordre spécial ayant ses consuls
particuliers et ses privilèges.
En 1278, le fossé qui entourait
les Arènes fut comblé par ordre de Philippe le Hardi, mais les chevaliers
conservèrent la garde des Arènes jusqu’à la fin du XIVe siècle, époque à
laquelle fut construit par Charles VII un nouveau château fort à la Porte
d'Auguste.

Château
de la Porte Auguste construit en 1391
Les chevaliers abandonnèrent
alors leurs maisons, le peuple s'en empara et l'on vit s'élever pour ainsi
dire un village dont la population était au moins de 2,000 âmes. Ces
habitations formant ce qu'on appelait le quartier des Arènes, subsistaient
encore en 1809, époque à laquelle par les soins de M. d'Alphonse, préfet du
Gard, on opéra l'entier déblaiement de l'amphithéâtre. M. Edmond Foulc
vient de faire hommage à la ville d'un certain nombre de pierres provenant
de la chapelle des Arènes ; ces pierres sculptées an couteau portent des
inscriptions, des basons et des scènes de la passion on peut les voir dans
le vestibule du Musée Gower où elles ont été provisoirement déposées.
Cette chapelle était desservie
par un prêtre qui se qualifiait prieur ; ses biens consistaient en une
maison dans l'enceinte du monument. Un plan que j'ai trouvé dans les
archives de la ville m'a permis de reconstituer l'intérieur des Arènes avec
ses rues, ses places, le nom et la profession de la plupart de ses
habitants.
Après que les fossés des Arènes
eurent été comblés, des maisons vinrent se grouper sur cet emplacement et
en certains endroits l'espace qui les séparait du monument était tellement
étroit que c'est à peine si un tomme pouvait y passer. Il y avait à peu
près vis-à-vis l'endroit où finit aujourd'hui la rue ales Arènes l'auberge
de la Mule qui servait de corps de garde aux vélites pour surveiller la
population interlope vivant dans ces mauvais quartiers, rendez-vous de tous
les vagabonds.
Du temps de Ménard, cette rue
s'appelait rue de l'Hôtellerie. A son extrémité, la rue montait par une rampe
jusqu'à la hauteur du premier étage des Arènes. Un escalier de quelques
marches permettait de descendre dans la ruelle où se trouvaient la prison
et la chapelle des conseillers et le palais de justice, mais l'accès de
cette rue n'était possible que pour les piétons.
Vis-à-vis la porte latérale
actuelle du palais de justice faisant face au couchant, se trouvait une
ruelle fermée à ses deux issues par un arceau et conduisant à la salle de
la Comédie appartenant à M. Lecointe, gérée en 1788 par un nommé Boissier.
Aujourd'hui un vaste boulevard
et une grande place entourent le monument et lui permettent ainsi de se
dégager dans tonte sa splendeur et de faire l'admiration des étrangers.
Les seuls amphithéâtres dont il
reste encore des ruines sont après Nîmes ceux de Puzzole, du Colisée de
Rome, de Capoue, de Vérone, de Pola, d'Arles, de Pompeï, d'El-Djem et de
Taragone; celui de Nîmes est sans contredit le mieux conservé.
L'amphithéâtre d'Arles fut probablement construit dans
la période de Dioclétien â Constantin, c'est-à-dire de l'an 275 de
Jésus-Christ à 337, à une époque de décadence, car si les défauts de
construction que présentent les Arènes de Nîmes ne s'y rencontrent pas,
d'un autre côté, on n'y voit ras la forme élégante des arcades extérieures;
la voûte principale de la galerie du rez-de-chaussée qui est si belle à
Nîmes, est remplacée à Arles par un simple plafond et l'ensemble du
monument est moins bien conservé, la qualité des matériaux employés étant
inférieure.
Albin
Michel, 1876
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-
- Les
Arènes de Nîmes avec NEMAUSENSIS
- >
L'amphithéâtre
de Nîmes par Auguste Pellet, 1838
- >
Les Arènes, par Alexandre de Mège,
1840
- >
Les Arènes, rapport de fouilles de Henri Révoil, 1868
- >
Les Arènes, description de Eugène
Germer-Durand, 1868
- >
Les Arènes, par Albin Michel, 1876
- >
Chateau des
Arènes du Ve au XIIIe siècle Michel Jouve, 1901
- >
Quelques détails sur les Arènes, par le chanoine François Durand, 1907
- >
Les Arènes, L'Amphithéâtre par J. Charles Roux, 1908
- >
Les Arènes, Les souterrains des
Arènes, Félix Mazauric, 1910
- >
Les Arènes, Le rempart et le Château
des Arènes, Igolen 1934
- >
Diaporama des fouilles
en 1987
- > Tour des Arènes à travers un siècle d'iconographies
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