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HISTOIRE D’UN BÂTIMENT L’HÔPITAL RUFFI (de 1313 à 1937)
Les fondations pieuses se multiplient au XIIe siècle, au point qu'à la fin du XIIIe ou au début du XIIIe siècle on constate l'existence à Nimes de plusieurs hôpitaux ou hospices.
Au voisinage de la Porte d'Espagne (actuellement Porte de France), qui est appelée aussi dans les documents anciens Porte Couverte, car elle conservait encore une partie des voûtes qui la recouvraient, à l'époque romaine se trouvait : l'Hôpital des Pèlerins ou Hôpital Saint- Jacques, d'où les pèlerins quittaient Nimes pour poursuivre leur voyage vers Saint-Jacques-de-Compostelle. En raison du nombre croissant de ces sortes de voyageur, on voit s'établir à proximité, dans les débuts du XIVe siècle, une hôtellerie, le Logis de la Coquille, destiné à héberger les pèlerins valides, les malades seuls étant, désormais admis à l'Hôpital Saint-Jacques.
Dans le même secteur, c'est-à-dire à quelque distance de la ville, avait été établie la Léproserie, dite aussi Hôpital Saint-Lazare, où étaient admis les lépreux, isolés ou en ménage, et 'qui eut une abondante clientèle jusqu'au début du XVIIe siècle, époque où cette terrible maladie cessa, en Europe (sauf certaines régions de l'Espagne), d'être contagieuse et, disparut pratiquement de France.
1313 Il y avait aussi, dans la même zone, l'Hôpital des Chevaliers dont nous ne savons que fort peu de choses et qui paraît avoir disparu au XIVe siècle et s'être confondu avec l'Hôpital Ruffi, ou Hôtel-Dieu, fondé en 1313. Les ressources de ces hôpitaux provenaient essentiellement du revenu des terres qui leur avaient été attribuées par les actes de fondation et qui garantissaient, à l'origine, les moyens d'existence de l'institution. Ces revenus s'étaient considérablement accrus, au cours des temps par de nombreuses donations pieuses, faites surtout par testament. Dans le système économique du Moyen-Age, où les revenus de la terre tenaient une place importante, la plupart de ces hôpitaux étaient des institutions riches, mais les installations étaient, souvent sommaires et, les locaux exigus ; cependant il n'entrait, pas dans l'esprit des administrateurs de ce temps d'accroître la capacité d'hébergement de l'institution telle qu'elle avait été initialement établie. Lorsque les malades pauvres devenaient plus nombreux, ils s'entassaient comme ils pouvaient dans les divers hôpitaux existants, et un tel état de choses n'était pas rare, particulièrement en période d'épidémies. Un nîmois du nom de Raymond Roux (Ruffi dans les documents de cette époque, tous écrits en latin) a créer un nouvel hôpital appelé à un brillant avenir : par testament du 22 mai 1313 Raymond Ruffi légua la maison qu'il possédait dans l'enceinte des anciens murs de Nimes (le rempart romain), près de la Porte Couverte et une grande partie de ses biens, pour la fondation d'un hospice ou Hôtel-Dieu (Domus Dei) de 12 lits.
1483 Les consuls de Nimes décidèrent, en 1483, d'acquérir l'Hôtel-Dieu fondé par Ruffi et, de l'agrandir pour en faire l'unique hôpital de Nîmes. Tous les hôpitaux situés à l'intérieur des remparts furent rachetés par la ville et, leurs bâtiments revendus ; leur mobilier fut transporté à l'hôpital Ruffi. La prise en mains par la ville de l'Hôtel-Dieu marque une date importante dans l'histoire des hôpitaux de Nimes ; le soin des malades pauvres n'est plus laissé à la seule charité privée sous le contrôle de l'Eglise; les consuls prennent conscience de leurs responsabilités dans le domaine de ce que nous appellerions aujourd'hui l'Assistance.
1592 Dans la deuxième moitié du XVIe siècle, les troubles religieux éprouvèrent fortement l'Hôtel-Dieu qui fut pris à plusieurs reprises par les parties adverses et finalement saccagé ; il ne subsista bientôt, plus rien pour recevoir les malades qui durent être hébergés dans des locaux de fortune. La paix revenue, le Conseil de ville se préoccupa de reconstruire la maison des pauvres « que les injures de la guerre avaient renversée ». L'œuvre fut entreprise en 1592 ; en 1601 le nouvel Hôtel-Dieu était ouvert aux pauvres des deux confessions, catholique et protestante mais en 1654, à la suite de divers différends qui s'étaient élevés entre les administrateurs, un Arrêt du conseil d'Etat du roi ordonna que l’Hôtel-Dieu servirait désormais pour les seuls catholiques, et que pour le logement des pauvres faisant profession de la religion reformée il serait construit un autre hôpital, sur un emplacement à choisir par les consuls protestants. Le nouvel hôpital fut établi, non loin de l'Hôtel-Dieu, dans un immeuble ouvrant, sur l'actuelle rue Jean Reboul. Il demeura ouvert, jusqu'à la révocation de l'Edit de Nantes.
1660 Vers 1660, la Léproserie et Saint-Antoine qui n'avaient plus guère d'activité avaient supprimés et, leurs biens réunis à ceux de l’Hôtel-Dieu qui demeurait ainsi le seul hôpital de Nîmes.
1810 A l'Hôtel-Dieu, les malades continuaient à être hébergés dans des locaux qui avaient été modernes au temps d'Henri IV. Depuis longtemps il s'avérait nécessaire de pourvoir à son remplacement.
1897 En 1897, le Conseil municipal admit le principe de la construction d'un nouvel Hôpital et, dès l'année suivante, la ville de, Nimes achetait dans ce but un vaste terrain en bordure du chemin de Saint Césaire, mais c'est seulement en 1911 que les travaux de terrassement et d'aménagement du sous-sol furent entrepris. La guerre de 1914 vint les interrompre.
1923 La question fut reprise en 1923 et on décida alors de construire le nouvel hôpital sur l'emplacement qui s'étendait à proximité de l'Hospice d'humanité. Le projet, cette fois, devait être mené à bon terme. Le 12 octobre 1924 Gaston Doumergue, Président de la République, posait solennellement la première pierre du Centre médical. 10 ans plus tard était achevé le groupe de bâtiments qui succédait avantageusement à la construction vétusté qui s'élevait sur les lieux où, en 1313 Raymond Ruffi avait, fondé le premier Hôtel-Dieu.
1937 Par la suite, en 1937, la Chambre de Commerce s’installera dans les bâtiments de l’ancien hôpital Ruffi.
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