Origine supposée du nom
PARPAILLOT
donné au XVIe siècle aux Calvinistes.

Eglise St Pierre d'Avignon - Le rétable de Perrinet.

Jean-Perrin Parpaille, dit Perrinet d'Avignon, chevalier de l'Ordre du Pape, unique président du parlement d'orange, lequel ayant été convaincu de vouloir livrer la ville d'avignon aux Calvinistes (1), fut arrêté au Bourg-St-Andéol à son retour de Lyon, où il était allé vendre l'argenterie des églises d'Orange.
Il avait embrassé, en 1561, le parti protestant et en devient l'un des chefs dans le Valentinois.
Conduit à Avignon, il y fut décapité le 15 août 1562. Sa maison fut rasée on en fit "la Place Pie", ainsi nommée à cause de pape Pie IV, alors régnant.
Et de la Parpaillot, nom qu'on donnait autrefois aux Calvinistes. On prétend, dit Honnorat :
"que ce sobriquet tire son origine de ce que François-Frabrice Serbellon, parent du pape, fit décapiter à Avignon, en 1562, Jean Perrin, seigneur de Parpaille, primicier de l'Université d'Avignon, président du parlement de la ville d'Orange, et l'un des plus dangereux chefs des Calvinistes du Pays".
(2)
On l'enterra dans l'église de Saint-Pierre d'Avignon, où l'on voit encore le mausolée familial. (Le rétable de Perrinet).

Extrait des Mémoires de la Société Scientifique & Littéraire d'Alais.

année 1876 - tome VIII - page 26 - M. A. Coulondres, membre non-résident.

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Eglise St Pierre d'Avignon - Détail du rétable de Perrinet - La Cène.

Origine de la famille Parpaille

En 1518, la peste ravageait Avignon. Des avignonnais, dont Maître Perrinet Parpaille qui eut un fils avec sa servante, se réfugièrent à Beaumes-de-Venise.

Cet enfant (Jean-Perrin Parpaille, dit Perrinet), dès qu'il eut vingt ans, put recueillir des témoignages et prendre ainsi le nom de son père. Il joua un grand rôle dans l'histoire du protestantisme, la tradition nous dit que c'est à cause de lui que les huguenots furent surnommés "parpaillots".
La famille, Parpaille (Parpaglia), était originaire de Montcalier en Piémont. Elle comptera, un président du sénat de Turin (1550), un archevêque de Tarentaise, un ambassadeur de Savoie (1600).
L'arrière petit fils de Jean-Perrin Parpaille, "Thieuloy-Parpaille" vivait à Beaucaire au début du XVIIe siècle.


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(1) Graves événements survenus autour d'Avignon en 1562
1562 Au mois d'août de l'année 1562, les Luthériens et Calvinistes, ayant à leur tête le baron des Adrets, se rendent maîtres de Roquemaure.
Ils arrivent à Villeneuve auprès du fort qui commandait l'accès du pont Saint-Bénézet, dans l'intention de s'en emparer par surprise avec l'aide de complices. Leur attaque sera repoussée par le célèbre florentin Scarfi, gouverneur du Languedoc, au nom de Charles IX, ils laissent 35 hommes tués et autant de prisonniers.
Les villes d’Uzès, de Barjac, du Pont saint Esprit, de Bagnols, ainsi que les villages de Tresque, de Laudun, de saint Laurent des Arbres et enfin Rochefort, tombèrent au pouvoir des religionnaires, la plupart des prêtres seront égorgés, les autels renversés, les églises brûlées et ruinées de fond en comble.

Cette façon de faire la guerre déplaît à Calvin. Le Baron est remplacé à Lyon, par Soubise au poste de lieutenant général. En novembre il rencontre le duc de Nemours, assiégé dans Vienne, qui offre au baron des Adrets le titre gouverneur du Dauphiné. Mais en décembre Condé le démet son poste.
Le baron quitte alors la religion protestante et revient au catholicisme. En 1567, il repart en guerre aux côtés de Gordes sous la bannière des catholiques. En 1569 il se remet en campagne, mais son infanterie est écrasée à Selongey.
Enfin, dans le Trièves, il gagne sa dernière bataille contre Lesdiguières. Il meurt dans son lit en 1587.


(2) Pages 800 du dictionnaire d'Honnorat, 1817 .
Article Georges Mathon, février 2009.

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Autre version dans le Dictionnaire Étymologique Occitan de Robert A.Geuljans ©

> http://racamg.perso.sfr.fr/

Parpalhon "papillon", représente le latin papilionem. La forme avec insertion d'un -r- occupe un large territoire qui relie le nord de l'Italie, la France au sud de la Loire et le catalan. Le mot a été prêté au fr. parpaillaud avec le sens "huguenot, calvinistes"par allusion à une espèce de chemise dont les protestants firent usage en Gascogne, dans une sortie, pendant le siège de Nérac. Pierre Larousse consacre plusieurs colonnes à cette étymologie, tout en concluant : "L'étymologie tirée de parpaillot, papillon, est la plus plausible et paraît avoir été adoptée très anciennement, témoin cette chanson poitevine, contemporaine des guerres de religion :
"Qu'ils sont gens de peu de cervelle - Ces malotrus de parpaillaux - De se brûler à la chandelle - Après qu'ils ont fait tant de maux !"
Un visiteur me signale une réinterprétation populaire: "Selon un ami protestant des Cevennes, on appelait les protestants "parpaillous" parce qu'ils se réunissaient la nuit comme les papillons de nuit."


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En savoir plus sur les guerres de religions à Nîmes
En Savoir plus - Articles Midi Libre, avec nemausensis
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> Article Midi Libre du 2 octobre 2005
> Article Midi Libre du 14 octobre 2007