LE CHATEAU-FADAISE
ou Fadèse.
 
LE CHÂTEAU FADAISE - Situé à l'angle de la rue porte de France et la rue du Château Fadaise.
 
Malgré les minutieuses recherches auxquelles je me suis livré, il m'a été impossible jusqu'à présent de remonter d'une manière certaine à l'origine véritable de la construction et de la qualification de ce bel immeuble. Tout ce que je puis certifier c'est qu'en 1667 et le 29 juin le sieur Pierre de Serres acheta cet immeuble à la dame Louise de Baudan, veuve et héritière de M. Guillaume Brun.
 
Le sieur Pierre de Serres laissa deux enfants François de Serres et Marie de Serres, femme Reynaud. Celle-ci ayant hérité de son frère devint seule propriétaire de tous les immeubles de sa succession paternelle, et dans le nombre nous voyons désigné le Château-Fadèse ainsi que cela résulte d'un acte reçu Darlhac, notaire, à la date du 3 août 1729. Donc à cette date la qualification était déjà donnée.
 
Marie de Serres, femme d'Alexandre Reynaud, laissa une fille, Margueritte Reynaud, qui épousa Simon de Possac. Ce dernier étant mort. laissa une fille, Françoise de Possac, qui épousa le sieur Pauc ; de ce mariage naquit une fille, Marthe-Sophie Pauc, qui hérita du Château-Fadèse suivant acte de partage du 29 février 1795, et épousa Jean-Jacques Destrems de Saint ­Christol.
 
Le 19 mars 1828, M. Liotard acquit de ladite dame veuve Destrems le Château-Fadèse, suivant acte reçu M. Gide, notaire, et le 15 juillet 1865, M. Samuel Guérin en est devenu propriétaire suivant acte reçu M. Canonge.
 
Le champ des suppositions reste donc complétement ouvert et l'imagination de chacun peut suppléer à l'absence de renseignements positifs.
 
Ce château, à la gracieuse colonnade, au perystile rappelant l'école italienne, aux vastes salles et galeries, peut avoir été construit à la fin du XVIIe siècle, et l'on croit que c'est Gabriel Dardaillon qui en à été l'architecte. On sait en effet qu'en 1688, c'est ce même Dardaillon qui créa le boulevard du Grand-Cours.
 
Quant au nom de Château-Fadèse, l'étymologie qui se présente naturellement à l'esprit est celle de Château des Fées (Fadas) Le public peut avoir été impressionné soit par la rapidité avec laquelle il fut construit, soit par son élégance et la richesse de son ornementation, se trouvant isolé au milieu de vastes terrains probable­ment boisés, la superstition populaire peut l'avoir cru hanté par des fantômes, ou bien encore s'est-on contenté de lui donner tout simplement le nom du quarter ; il existe en effat le long du Cadereau une colline qui porte le nom de "les fades". Chacun choisira donc l'explication qui lui conviendra le mieux.
 
Un fait assez curieux à signaler, c'est que les différents propriétaires de ce château, tout en voulant profiter de la plus value que les terrains acquerraient chaque jour par suite de la création du quartier de la Fontaine, ont voulu conserver au château Fadèse l'avantage de son isolement et l'agrément de la vue. Aussi, dans tous les actes de vente a-t-il été stipulé que les maisons voisines ne pourraient pas être élevées de plus d'un étage. Ces diverses ventes ont été faites moyennant des rentes perpétuelles dont quelques-unes existent encore aujourd'hui. (1876)
 
-oOo-
 
Albin Michel – Nîmes et ses rues, 1876 – Tome I pages 163-165.
 
> Contact Webmaster