LE SIMBEU DE NÎMES

 

 

Taureau ou Boeuf, Bronze ou Fonte ?

 

Un monument représentant un bovidé est exposé depuis l'exposition universelle de 1878 au Trocadéro, déménagé à l’occasion de l’exposition universelle de 1937, il sera offert à la ville de Nîmes, grâce à la ténacité son maire, Hubert Rouget.

 

Le Trocadéro, exposition universelle 1878

 

Robert Clément, membre de la société d’Histoire de Nîmes écrit :

 

« Les édiles parisiens furent heureux d’acquiescer à sa demande et le Bœuf du Trocadéro pris le chemin de Nîmes…mais le problème, lorsqu’il fut dans nos murs, était de le transformer en taureau de combat…ce n’était pas facile, car toujours ce soc de charrue et cette satanée gerbe de blé lui enlevaient toute velléité de méchanceté… il fallait le mettre à une hauteur convenable, pour que l’on ne puisse plus voir ce qu’il avait aux pieds. »

Photo du grand bœuf de Caïn prise en 1937.

 

La statue sera exposée provisoirement dans divers quartiers de Nîmes, après consultation de la population, la décision est prise, elle sera érigée sur une colonne au rond point de Camargue, et placée à une hauteur suffisante pour que le public ne puisse remarquer le soc de charrue et la gerbe de blé.

 

Un texte du félibre Guillaume Laforêt, originaire de St Gilles, sera gravé sur le côté sud de la colonne.

 

 

SIMBEV DE VIDO RENADIVO !

SIMBEV DE VOIO E DE FIERTA !

TE SALVDAN O TAVID’VNO AMO QVE S’AVRIVO

VERS TV ! SIMBEV DE FORCO E DE FECOVNDITA

LAFORET

 

En langue Provençale, le Simbeu est un taureau castré qui sert à manoeuvrer la manade, d’où une relation douteuse avec la fécondité dans le texte ci-dessus. De plus ce fameux taureau n’est qu’un boeuf de traie, avec sa charrue et sa gerbe de blé.

 

Ceci dit, il reste à déterminer le métal qui compose ce monument. La plupart des écrivains locaux affirment qu’il est en bronze (lire Nîmes sans Visa, page 164). En effet une patine couleur vieux bronze nous fait à priori abonder dans ce sens, mais, d’autres indices nous amènent à douter :

 

 

Premier indice :

 

« La patine vieux bronze vieillit et s’estompe, l’oxydation du métal commence à apparaître ;  c’est une couleur rouille qui fait surface pas du vert de gris, une photo prise au téléobjectif parle d’elle-même. »

 

Voici un deuxième indice qui abonde à l’encontre de l’hypothèse bronze :

 

« Le Clairon, célèbre cocardier de Camargue, meurt en 1942, peut après, il va mourir une deuxième fois.

 

Voici son histoire :

 

En 1939 pour perpétuer le souvenir de ce taureau de légende, une statue en bronze sera érigée à Beaucaire. Pendant l'occupation, après novembre 1942 pour la zone libre, les Allemands vont fondre tous les monuments en bronze pour les besoins de la guerre, le Clairon sera du lot.

 

Pourquoi le « Simbeu » de Nîmes ne subit-il pas le même sort ? 

 

Une tradition orale nîmoise (j’ai eu connaissance de cette anecdote en 1955), nous relate, les Allemands, en voyant cette statue perchée sur sa colonne se sont frottées les mains. En effet sa couleur vieux bronze ne laisse en principe aucun doute sur sa nature, c’est du bronze. Ils construisent un échafaudage pour la découper sur place et récupérer les morceaux, mais déception, ce n’est que de la fonte de fer, recouverte d’une patine trompeuse. »

 

Un Troisième indice :

 

Nous avons des renseignements sur son origine dans un document dont le titre est :

 

« Ces Fontes de Haute Meuse et Marne qui ornent Paris ».

 

Cette présentation est non équivoque sur le métal, l’article nous donne quelques détails sur notre Simbeu :

 

« il faisait partie d'un ensemble de sculptures animales, exposé, à l'occasion de l’exposition universelle de Paris en 1878 au pavillon agricole sous le nom du « Grand boeuf de Caïn », coulé par le fondeur Denonvilliers, après l'exposition les pièces seront dispersées, le boeuf ira aux portes de la Camargue. »

 

En conclusion :

Nous laissons à la postérité le soin de conclure, si personne ne va gratter la bête auparavant, pour vérifier, le temps avec l’oxydation (rouille ou vert de gris) mettra tout le monde d’accord.

 

Documentation Georges Mathon, 2003, mise à jour juin 2010

 

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